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Elections régionales 2021 : les résultats région par région

Avec une abstention record estimée à 66,1 %, le premier tour des élections régionales a plutôt favorisé les sortants, selon les premiers résultats.

Les coups de tonnerre ne frappent pas toujours là où on les attend. Plutôt que le haut niveau du Rassemblement national (RN), largement commenté et anticipé, c’est le record d’abstention enregistré lors du premier tour des élections régionales et départementales, dimanche 20 juin, qui frappe les esprits. Avec seulement 33,9 % de participation, jamais un scrutin n’avait aussi peu mobilisé les électeurs, à l’exception du référendum instaurant le quinquennat, en 2000 (69,8 % d’abstention).

S’il est encore trop tôt pour tirer avec certitude les conclusions électorales de cette abstention massive, force est de constater que la droite profite de cette situation inédite : ses candidats sont donnés en tête du premier tour dans une grande partie des régions métropolitaines, selon les premières estimations d’Ipsos-Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France et La Chaîne parlementaire.

  • Provence-Alpes-Côte d’Azur

En Provence-Alpes-Côte d’Azur,le président sortant (Les Républicains, LR) de la région, Renaud Muselier (31,91 %), qui a noué un accord avec la République en marche (LRM) et pris des candidats macronistes sur sa liste, est deuxième, juste derrière le candidat du Rassemblement national (RN), Thierry Mariani (36,38 %). Les sondages étaient favorables au candidat mariniste tout au long de la campagne, et le résultat signe une déconvenue pour l’extrême droite : en 2015, Marion Maréchal-Le Pen avait obtenu 40,5 % des suffrages au premier tour pour le compte du Front national.

M. Muselier paraît en bonne position pour conserver la région lors du second tour, dimanche 27 juin. Le représentant de la gauche et des écologistes, Jean-Laurent Félizia, a engrangé pour sa part 16,89 % des suffrages.

  • Hauts-de-France

Le risque RN semble encore plus mesuré dans les Hauts-de-France, où le président sortant (divers droite), Xavier Bertrand, est arrivé largement en tête avec 41,39 % des voix, loin devant le député RN du Nord Sébastien Chenu (24,37 %). La candidate d’union de la gauche, Karima Delli, arrive troisième (18,99 %), tandis que le secrétaire d’Etat chargé des retraites, Laurent Pietraszewski, ne parvient a priori pas à franchir la barre des 10 % nécessaire pour se qualifier au second tour (9,14 %). Un échec retentissant pour la majorité, alors que cinq ministres avaient été envoyés en renfort de la liste, dont le très médiatique garde des sceaux, Eric Dupond-Moretti.

L’enjeu dans les Hauts-de-France paraît crucial en vue de l’élection présidentielle de 2022, M. Bertrand ayant lié sa candidature pour l’Elysée à une réélection dans sa région. L’ancien maire de Saint-Quentin (Aisne) est vu par Emmanuel Macron comme un de ses principaux concurrents. Un statut qu’une victoire avantageuse aux régionales pourrait renforcer.

  • Ile-de-France

La présidente sortante d’Ile-de-France, Valérie Pécresse, tête de la liste d’union Libres-LR-UDI), arrive largement en tête au premier tour des élections régionales (35,94 %), selon les chiffres définitifs. Le candidat du Rassemblement national, Jordan Bardella, rassemble 13,12 % des voix, tandis que le candidat Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Julien Bayou, totalise 12,95 %.

Derrière eux, trois autres listes dépassent 10 % : Laurent Saint-Martin (LRM-MoDem), Audrey Pulvar (PS) et Clémentine Autain (LFI-PCF).

  • Auvergne-Rhône-Alpes

Autre représentant de droite à entretenir des ambitions en vue de la prochaine présidentielle : Laurent Wauquiez. Le président sortant de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui arrive largement en tête avec 43,79 % des voix, se dirige vers une victoire tranquille au second tour. Il devance le candidat RN, Andréa Kotarac (12,33 %). Ce dernier enregistre une sévère déconvenue, puisqu’il était attendu à la deuxième place, qui revient finalement à l’écologiste Fabienne Grébert (14,45 %).

La gauche est en mesure de qualifier un autre candidat pour le second tour avec l’ancienne ministre PS Najat Vallaud-Belkacem, avec 11,40 %. En revanche, le macroniste Bruno Bonnell, avec 9,87 %, ne pourra pas se maintenir. Une confirmation, après les municipales de 2020, de l’échec d’implantation locale de La République en marche.

  • Occitanie

En Occitanie, le macroniste Vincent Terrail-Novès n’obtient pour sa part que 8,78 % des voix, loin derrière la présidente sortante (PS) Carole Delga (39,57 %) et le RN Jean-Paul Garraud (22,61 %). Le candidat LR, Aurélien Pradié, obtient, lui, un décevant 12,19 %.

  • Grand-Est

La configuration est à peine plus favorable à la majorité en Grand-Est, puisque la ministre Brigitte Klinkert est tout juste en position de se maintenir, avec 10,77 %. Elle est devancée par le président sortant (LR), Jean Rottner, 31,15 %, le RN Laurent Jacobelli, 21,12 %, et la candidate d’union de la gauche, Eliane Romani (14,60 %).

  • Centre-Val-de-Loire

Le ministre des relations avec le Parlement, Marc Fesneau, issu des rangs du MoDem, représente une maigre satisfaction pour la Macronie. Présenté comme un espoir de victoire en Centre-Val de Loire, il obtient 16,65 % dans cette région et termine seulement quatrième. Le président sortant (PS), François Bonneau, arrive en tête (24,81 %), devant le candidat RN Aleksandar Nikolic (22,24 %) et le LR Nicolas Forissier (18,82 %). Un candidat avec lequel M. Fesneau pourrait envisager de fusionner.

  • Nouvelle-Aquitaine

Autre représentante de la majorité issue du MoDem, la ministre déléguée Geneviève Darrieussecq obtient de son côté la troisième place en Nouvelle-Aquitaine, avec 13,71 %, derrière le président sortant (PS), Alain Rousset (28,84 %), en place aux manettes de la région depuis 1998. L’hypothèse d’une fusion avec le candidat LR, Nicolas Florian (12,46 %), peine à offrir des perspectives de victoire à la majorité. La candidate RN, Edwige Diaz, termine pour sa part en deuxième position avec 18,21 %.

  • Bretagne

Les macronistes peuvent envisager de siéger au sein d’un exécutif local en Bretagne, mais les négociations vont être serrées entre le président sortant de la région (PS), Loïg Chesnais-Girard (20,95 %), et son ancien vice-président, Thierry Burlot (15,53 %), arrivé en troisième position. M. Chesnais-Girard, héritier du ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, peut aussi envisager une fusion avec l’écologiste Claire Desmares-Poirrier (14,84 %). La LR Isabelle Le Callennec termine quant à elle deuxième avec 16,27 %.

  • Pays de la Loire

Dans les Pays de la Loire, la présidente sortante de région, Christelle Morançais (LR), arrive largement en tête avec 34,29 %, devant le député ex-LRM Matthieu Orphelin (18,70 %), un écologiste proche de Nicolas Hulot. Ce dernier pourrait nouer un accord avec le socialiste Guillaume Garot (16,31 %) en vue du second tour. Quant à l’ancien ministre de la transition écologique François de Rugy, il enregistre un score décevant avec seulement 11,97 %, derrière le RN Hervé Juvin (12,53 %).

  • Normandie

La majorité ne surnage pas plus en Normandie, où son candidat, Laurent Bonnaterre, arrive quatrième avec 11,07 % des voix. Le président sortant, Hervé Morin, paraît en bonne position en vue du second tour (36,86 %), la victoire semblant inaccessible pour le RN Nicolas Bay (19,86 %).

  • Bourgogne-Franche-Comté

Enfin, en Bourgogne-Franche-Comté, la présidente sortante, Marie-Guite Dufay (PS), pourrait avoir besoin des voix macronistes pour assurer sa victoire. Si elle est arrivée en tête, avec 26,52 %, l’écart ne paraît pas considérable avec le RN Julien Odoul (23,19 %) et le LR Gilles Platret (21,04 %). Les voix du macroniste Denis Thuriot, arrivé quatrième avec 11,69 %, pourraient peser lourd. Une situation de faiseur de roi finalement bien rare pour la majorité.

  • Corse

En Corse, où la participation a été de 57,08 %, largement au-dessus de la moyenne nationale, le nationaliste Gilles Simeoni (Fà Populu Inseme, « rassembler les gens »), président de l’exécutif sortant, est largement en tête de ce premier tour avec 29,19 %. Il est talonné par la liste du divers droite Laurent Marcangeli (Un Soffiu Novu, « un souffle nouveau pour la Corse ») à 24,86 %, et du nationaliste Jean-Christophe Angelini (Avanzemu pè un Populu Vivu, « Avançons pour un peuple vivant ») à 13,22 %. Enfin, le dissident indépendantiste Paul-Félix Benedetti (Core in fronte) totalise 8,39 %.

Ces quatre listes peuvent se maintenir pour le second tour sans fusionner, contrairement au président de l’assemblée sortante, Jean-Guy Talamoni (liste Fà Nazione, « faire une nation ») à 6,90 %, ou du macroniste Jean-Charles Orsucci (Corsica, terra di primura, « Corse terre de progrès ») à 5,92 %, qui doivent contracter une union s’ils veulent être présents dimanche prochain.

Le divers droite Didier Robert, président sortant de la région Réunion, a terminé en tête du premier tour des régionales avec 31,09 % des suffrages dimanche soir, dans un contexte de forte abstention (63,56 %).

Huguette Bello, la maire divers gauche de Saint-Paul (ouest de l’île) et Ericka Bareigts, la maire PS de Saint-Denis, se placent respectivement en deuxième et troisième positions avec 20,74 % et 18,48 %.

  • Guyane

Le président sortant de Guyane, Rodolphe Alexandre, est arrivé largement en tête du premier tour, avec 43,72 % des suffrages exprimés, sans obtenir la victoire qu’il espérait dès cette première échéance. Le candidat divers gauche, Gabriel Serville, recueille 27,67 % des suffrages.

Source : Le Monde

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